C'est aujourd'hui le 11ème anniversaire de ma grande fille, voici le (long) récit de sa naissance.Trois jours avant le terme prévu le 28 novembre, je passe chez Gygy pour faire remplir des papiers pour la CAF. Je suis avec la secrétaire quand il sort de son cabinet et il propose de m'examiner.
Je précise que je suis à ce moment encore nullipare, pas encore materneuse pour un sou et que je ne me suis pas posée des masses de questions sur l'accouchement (en plus je n'avais pas encore le net), je me disais que je verrai bien le moment venu.
Col archi vérouillé.
- Mais madame, qu'est-ce que vous faites?
- Ben pas grand chose...
- Vous avez des contractions?
- Oui, parfois et alors je m'allonge.
- Ah mais non, il faut bouger, marcher.
- Ah bon, mais je croyais que...
- Non, non, non, il faut bouger maintenant! Vous voulez encore le garder longtemps votre bébé?
-Ben ... heu ....non.
Ben en fait si, çà fait 3 jours que j'angoisse un max et que bien que j'en ai marre de mon état baleinesque, finallement je resterai bien comme çà pour le restant de mes jours, l'inconnu de la vie avec un bébé me terrifie 
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Le lendemain je vais faire des courses, en bonne alsacienne j'achète tout ce qu'il faut pour faire les petits gâteaux de Noël, je remonte les sacs à pieds, je prépare la pâte des pains d'épices et je le met au frais sur le balcon (c'est important pour la suite de l'histoire

).
Le soir une copine me téléphone pour nous inviter le surlendemain pour manger des moules-frites. Comme c'est le jour de la DPA, je lui dit que si je ne viens pas, c'est que je serai à la maternité

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Je suis en forme ce soir là et je me couche vers minuit. Un chien aboie fort, jusqu'à 1h du mat, j'aimerai bien dormir, çà m'énerve.
Vous allez voir, je m'énerve très facillement quand j'accouche...
Une grosse contraction me réveille à 2h22. Ouch, elle était costaude celle-là... et je me rendors.
Rebelotte 40mn polus tard, puis 40 mn plus tard. A partir de 4h du mat je ne me rendors plus, j'attend que le réveille sonne.
7h, le réveille sonne pour mon mari qui doit aller travailler.
- Je crois que c'est pour aujourd'hui, j'ai des contractions régulières.
- Oh ben des contractions tu en as tout le temps, alors c'est pas sûr que ce soit çà. Tu n'as qu'à faire comme ils disent dans les livres, tu prends un bain et tu verras bien si çà passe. Et puis va voir Gygy, il dira bien si c'est çà ou pas. Moi en tous cas je vais au boulot.
Ooooh mais il m'énerve

, je suis ulcérée qu'il ne se sente pas plus concerné par la naissance de sa première progéniture

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Bon, je prend tout de même un bon bain, bien chaud, je marine pendant 1h, comme çà fait du bieeeeeen. Et les contractions sont toujours là, bien régulières toutes les 10mn.
Je passe un coup de fil à Gygy, ok, je peux passer, il m'examinera entre 2 clientes. Il est 9h.
- Mouarf, bof, un petit demi cm.
Et au moment de me lever de la table, plouf, je perds les eaux.
- Ah, là çà y est madame, c'est pour de bon, vous pouvez aller à la maternité.
Je sui contente, mon bébé va naître aujourd'hui

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Au moment de partir:
- Mais dites moi Docteur.....toutes mes amies m'ont dit que les contractions d'accouchement font très mal, mais là moi çà va, je n'ai pas mal du tout.
- Oh ben attendez, d'ici ce soir vous aurez le temps d'avoir mal (et il se marre).
- Ce soir? Vous prévoyez la naissance vers quelle heure?
- 18h30. Allez , à ce soir en salle d'accouchement.
Je rentre chez moi et je téléphone à mon mari, s'en suit un dialogue hallucinant où il parle à la cantonade à ses collègues.
- J'ai perdu les eaux, il faut que tu viennes me chercher pour aller à la maternité.
- C'est vrai? Eh, oh, elle a perdu les eaux. T'es sûre?
- Oui, oui, je suis sûre.
- Eh, oh, je vais être papa.
- Oui, oui, c'est bon, tu viens me chercher?
- Ah bon, là maintenant?
- Oui, maintenant.
- tu es sûre qu'il faut y aller maintenant?
- OUI! TU VIENS ME CHERCHER TOUT DE SUITE!
- Bon, bon, j'arrive.
Il ..... m'énerve!
Je téléphone à mes parents, je range 2-3 trucs, j'arrose les plantes car je sais très bien qu'elles auront soif, je ressemble mes affaires de toilette.
Je me dis que quand je reviendrais chez moi, nous serons à 3, çà me fait bizarre.
A la maternité c'est une SF qui avait fait la préparation qui nous acceuille, elle est très gentille. Monito: de belles contractions bien régulières. Je découvre avec ravissement la musique des battement du coeur de mon bébé, j'aime l'écouter. Elle m'examine: un petit cm 1/2. Ouh là, je commence à me rendre compte que çà va être long...... :no:
Ellle m'enmène dans la chambre et me conseille de marcher pour faire descendre le bébé et je dois revenir la voir à 15h. Alors je marche le long des couloirs....
A midi mon mari va au Mc Do du coin, je papote avec ma voisine de chambre. Je n'ai pas faim, je n'ai jamais faim quand j'accouche. Quand il revient nous recommençons à arpenter les couloir, puis je vais prendre une douche bien chaude. Ca me fait du bien, je n'ai pas franchement mal, mais çà me détend bien.
Puis d'un coup j'ai une colique. Je me mets à paniquer, c'est pas possible, pas CA le jour de mon accouchement

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En fait j'ai des intestins fragiles et j'ai régulièrement des crises qui me laissent épuisée. Ce n'est pas possible, j'ai besoin de mes forces aujourd'hui. Puis je remarque que les coliques vont de pair avec les contractions, je comprend que ce sont les contractions qui les déclenchent. Une fois les intestins vides, çà va mieux.
Un mauvais point pour les SF qui ne nous ont pas expliqué çà à la préparation 
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15h, je retourne en salle d'examen. Tout est ok au monito et j'en suis à .....2,5 cm ..... pfffff :no: . Je dois revenir à 20h après le changement d'équipe si rien ne s'est précipité d'ici-là, mais elle voit la naissance plutôt vers 22h.
Je retourne à mon couloir..... On lit la listes des prénoms de l'année, on marche, on papote, on joue aux cartes, on visite la mat, on re-marche... je commence à trouver le temps franchement long, d'autant plus que les contractions sont de plus en plus gênantes, je dois m'arrêter de marcher à chaque contraction et je m'accroupis en soufflant. Les familles en visite me regardent

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Mon mari s'invite à dîner chez des amis qui habitent dans le quartier.
20h, j'en ai plus que marre, je retourne chez les SF. La SF qui va s'occuper de moi est douce et calme. Je n'en suis qu'à 4cm :no: , elle me propose de me garder en salle d'acc et de me mettre une perfusion pour accélérer les choses. Je suis OK car je perd patience et je commence à fatiguer.
Elle me propose la péri, mais çà va, je ne souffre pas franchement, je la demanderai peut être plus tard si j'en ressent le besoin.
La perfusion ne fait pas grand effet, le travail n'avance pas vraiment plus vite.
22h, j'en peux plus, j'en ai marre, je suis fatiguée, je lui dis que maintenant je la veux bien la péri.....
22h30, péri posée .......aaaaaaaaaaaah....... qu'est-ce que çà fait du bien, je me relêche complètement et je me rend compte combien j'avais mal avant de l'avoir , j'étais tendue comme un arc

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La SF met un CD de musique planante, elle éteind la lumière et s'éclipse. Mon mari s'endort la tête posée sur la table d'acc, je me détend et somnole, je me repose, me détends, je reprend des forces.
Vers minuit, elle passe la tête par la porte pour me demander si tout va bien. Oui, oui, tout va bien.
Puis elle m'examine et .... je suis dilatée à 9

. je n'en reviens pas que ce soit allé si vite, je suis contente, enfin ma fille va bientôt naître

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Avec le recul je me suis rendue compte qu'en fait je luttais contre la douleur, je me braquais contre elle. La péri, en ôtant la douleur, m'a permis de me détendre .... et de laisser le col s'ouvrir.La SF téléphone à Gygy, elle prépare tranquillement son matériel et me demande de lui dire quand je ressentirai le besoin de pousser.
Ok, mais je lui dit
- Ben ... en fait, excusez-moi mais il faudrait que j'aille au toilettes.
- Ah mais non, c'est çà l'envie de pousser.
Du coup je me sents toute bête, tout même, elles auraient pû nous prévenir à la préparation

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Je me dis que je vais compter le nombre de fois où je vais pousser, car quand les collègues me racontaient leur accouchement, elle disaient j'ai poussé x fois.
Bon, c'est parti, je pousse. Je sents très bien chaque contraction et l'envie de pousser car la SF a arrêté la pompe de la péri dès que j'étais à dilatation complète.
Je pousse, elle m'encourage, je pousse, mon mari m'encourage, je pousse, mon mari m'énerve avec sa bombe d'eau le truc qu'on donne aux papas pour qu'ils aient l'impression d'être utiles et que l'équipe ne les aient pas dans les pattes, je pousse, je l'envoie balader avec sa bombe d'eau, je pousse, cà y est, j'ai perdu le fil de mes comptes, je pousse, je vois Gygy le cul sur son tabouret, je pousse, il m'enerve à être là à rien foutre il est venu là juste pour chercher ses honoraires ou quoi, je pousse, je ne peux plus entendre ce mot POUSSEEEEEEEZ, je pousse, mais oui je SAIS que je dois pousser pas la peine de me le répéter, je pousse, je ne fais que çà je n'y peux rien si elle n'est pas encore là.
Ca fait 1h que je pousse, Gygy se lève, me demande de me fâcher, je donne tout ce que je peux, il commence à y avoir de ta tension dans l'air, SF et Gygy ont les yeux rivés sur le monito. Gygy me fait un TV puis un signe de tête à la SF.
Ca veut dire quoi çà?
- Madame, le docteur va un peu vous aider me dit-elle en sortant les forceps.
Oh non, pas çà

, la scène de l'accouchement du film
The Snaper passe devant mes yeux. Je me laisse retomber sur la table, accablée.
Gygy place la première spatule, puis la deuxième, je sents que çà fafouille à l'intérieur de moi, çà fait très mal. C'est posé, il commence à tirer, je glisse de 30 cm sur la table, mon mari et une autre SF arrivée en renfort me ratrappent au vol. Pendant qu'ils me tiennent par les épaules, Gygy farfouille dans tous les sens pour tourner la tête de ma fille. Le douleur est horrible, je
crie hurle beugle, c'est insoutenable, je suis totalement impuissante, prise entre cette douleur d'un côté et tenue de l'autre.
J'entend la SF demander
- Ca va Monsieur?
et mon mari de répondre
-
oui, oui
Il avouera plus tard que 5mn de plus et il aurait dû sortir.Cela me parait interminable, je ne vais pas pouvoir tenir le coup encore bien longtemps. Soudain, j'ai trouvé la solution pour en finir, un pensée lucide me traverse l'esprit "Je vais mourir" et je m'apaise, je sais que çà va finir, j'ai trouvé une échappatoire et je n'en fout complètement de mourir.
Puis Gygy enlève les forceps et dit
- Ca yest Madame, c'est fini, vous allez sortir votre bébé toute seule
- j'y arriverai pas
- mais si, mais si
Je pousse une dernière fois et la voilà. Au moment où je la recoit sur mon ventre je me dis "Un jour, j'accoucherai de nouveau".
Pourquoi suis-je déjà dans la réparation????? Peut-être que malgrè la douleur j'ai trouvé cela si beau.....Et puis je suis si soulagée que ce soit fini. Je ne suis même pas contente que la fille soit née, je ne fais juste que répéter
- c'est fini, c'est fini, c'est fini.
Elle est née en colère, elle hurle tout se qu'elle peut sans se calmer. La SF lui lave vite ses cheveux si longs pleins de sang et me la redonne.
Le placenta sort tout de suite et Gygy commence à me recoudre. Episio maximum, il mettra 3/4h à me recoudre. Mon mari curieux est allé voir, mal lui en a pris, il me dira que c'était une boucherie et en sera traumatisé.
J'essaie de calmer ma fille au sein mais elle ne veut rien savoir et continue à hurler. Elle a des plaies sur la tête, j'imagine qu'elle doit avoir très mal à la tête. On lui fait les soins, on l'habille et on me la redonne, enfin elle tête un peu et s'endort.
Gygy a fini, il s'en va, puis mon mari rentre aussi, il a eu très peur pour moi, je crois qu'il s'est plus que moi rendu compte de la gravité de la situation.
Une auxiliaire vient chercher ma fille pour l'enmener à la pouponnière. Je suis totallement indifférente, çà m'est égal qu'elle l'enmène, je suis si épuisée que je n'ai envie que d'une chose: me reposer. J'ai l'impression d'avoir été passée à tabac, j'ai mal partout et je suis hébétée.
Je tomberai 2x dans les pommes en salle d'acc', les SF me gerderont en observation pour le reste de la nuit.
Il me faut maintenant donner quelques explications. En fait, j'ai un bassin qui est à la limite inférieure de la normalité, je peux accoucher par VB, mais d'un bébé de 3kg500 maximum. Ma fille ne pesait que 3kg150 mais, elle avait le cordon autour du cou et double bretelle. Au moment de s'engager dans le bassin, elle n'a pas pû ramener complètement son menton sur la poitrine à cause du cordon et elle s'est tournée en OS. Or en OS, le diamètre présenté est de 11cm (au lieu de 9), et elle a butté contre le dernier détroit de mon bassin.... limite petit. Comme elle était engagée, impossible de revenir en arrière pour faire une césar, et puis son coeur commançait à flancher. 3 ans après Gygy m'avouera que les accouchements difficiles comme çà il en a que 3-4 par an et qu'il en chie dans son froc (sic!)
. Sur le coup je ne m'étais pas rendue compte de tout çà, çà a été vraiment une surprise de savoir que j'aurai pû perdre ma fille, j'en ai eu peur rétrospectivement. Et pour finir la petite histoire, le soir mon mari tourneboulé est allé manger des moules frites chez nos amis, et il n'a pas tari d'éloges sur sa femme

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Puis 2 jours après je lui ai demandé d'ammener la pâte à pains d'épices à ma mère pour qu'elle les cuise car je me suis rendue compte que je serais incapable à mon retour de réussir à trouver le temps de la faire. Et il m'a dit que je n'avais jamais fait d'aussi bons pains d'épices et que cela devait être dû à la cuisson de ma mère.

Il n'a plus jamais dit une chose pareille ....
Dsl pour la tartine.....